YOGA

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Le Viniyoga : Développement et Propagation

source : guideyoga.org

Origine du viniyoga :

Le viniyoga est un type de Hatha Yoga qui a été enseigné par Sri T. Krishnamacharya après avoir étudié attentivement le Yoga Sutra de Patanjali. Ses enseignements ont été poursuivis par son fils T.K.V. Desikachar dans les années 1970. Il se distingue de tous les autres types de Yoga par sa recherche permanente d’état d’unité et de développement personnel. Par conséquent, il est généralement pratiqué en tête-à-tête avec un professeur de yoga. Le terme « viniyoga » signifie en effet « application », c’est-à-dire une application appropriée du yoga selon les besoins et les capacités individuels. La durée et l’intensité de l’exercice sont adaptées en fonction des capacités du praticien.

Qu’est ce qui distingue le viniyoga des autres styles de Yoga ?

Le viniyoga se distingue des autres types de Yoga en quatre points. Le premier point concerne les postures de yoga qui sont exécutées à plusieurs reprises, on ne se contente donc pas de maintenir pendant quelques secondes la posture. Le deuxième point est que l’objectif du viniyoga n’est pas d’atteindre une certaine perfection dans l’exécution de la posture, mais plutôt d’avoir les meilleurs résultats sur le corps du praticien. Le troisième point concerne la respiration qui joue un rôle très important dans le viniyoga puisqu’elle change selon le type de mouvements effectués. Tandis que le quatrième point se focalise sur les différents mouvements qui sont adaptés et combinés en fonction des besoins et des capacités de chaque praticien.

Pratique du Viniyoga

On ne pratique pas uniquement les asanas dans le viniyoga. Le yoga vise à améliorer l’état physique, l’état spirituel, et le bien-être du praticien. Le viniyoga aussi. Certaines activités sont faites également de chants, de méditation et d’étude de textes sacrés. Ces enseignements dépendent également des besoins de chaque praticien. La technique spéciale du tête-à-tête du viniyoga permet d’installer une ambiance plus relaxante que l’Ashtanga Yoga ou le Power Yoga, un autre type de Hatha Yoga dans lequel les mouvements sont intenses et mieux adaptés pour ceux dont le principal objectif est de développer la force et l’endurance. L’approche du viniyoga qui consiste à adapter les enseignements à chaque personne garantit la maîtrise de cet art selon le rythme de chacun. Il permet au praticien de se sentir calme et détendu. C’est pour cette raison que le viniyoga a la réputation d’être une activité thérapeutique.

Le YOGA : une philosophie de la pratique

par Christine Deguine (membre de l’Association Réunionnaise de Yoga)

Il est difficile de « parler » du yoga car c’est avant tout, on va le voir une pratique et une philosophie de cette pratique. On peut lire autant de livres que l’on veut sur les techniques ou les bienfaits de la natation, tant que l’on n’aura pas plongé son corps dans l’eau, on n’a aucune chance d’apprendre à nager. Pour le yoga c’est la même chose : c’est une expérience singulière, pour en connaître la saveur il faut s’y plonger, il faut y goûter.

Les origines du yoga

Yug en sanscrit : l’étymologie du mot yoga signifie unir, rassembler ; il s’agit de mettre en harmonie, le corps, le souffle, le mental et les sens pour être en paix. Il est difficile de dater avec précision les origines du yoga. On sait qu’il débute en Inde : les premiers textes dont on dispose ont près de 3000 ans (les Upanishads, VIIe siècle avant Jésus-Christ) et on a retrouvé en Inde des statues vieilles de 5000 ans montrant des personnages en posture de méditation. C’est le dieu Shiva dit-on qui aurait trouvé les étapes successives pour contrôler son esprit et atteindre le nirvana, la paix intérieure, la félicité absolue. Simple gymnastique, hygiène de vie, thérapie ou exercices spirituels pour se « libérer » des conditionnements de l’existence : la pratique du yoga reste aujourd’hui encore étroitement liée à la vie quotidienne indienne.

Les objectifs

On fait un geste, on dit quelque chose, mais on pense à autre chose : on est dispersé. On est pétri de peurs, d’interdits, d’idées toutes faites, d’images mentales qui s’enracinent dans le passé : ces conditionnements faussent notre représentation du réel, entravent notre action présente et engendrent de la souffrance. L’objectif du yoga est à la fois de sortir de la dispersion et de faire le ménage dans nos habitudes physiques et mentales : de nous libérer disent les textes classiques « des graines du passé », afin d’interrompre l’enchaînement des pensées et des actions pour y voir plus clair et coller au réel.

Les moyens

Le chemin qui peut nous permettre de sortir de nos conditionnements et de retrouver une certaine liberté de pensée et d’action, est balisé par des textes anciens qui nous servent de référence. Nous nous appuierons ici sur les Yogas-Sûtra de Patanjali. L’auteur, Patanjali, nous dit que pour ne pas perdre « le fil du yoga » il faut agir dans plusieurs directions : adopter une éthique de vie envers les autres, adopter une éthique de vie envers soi-même, introduire dans sa vie quotidienne un travail sur le corps (asana), un travail sur la respiration (prânâyâma) et un travail sur le mental (dhyana). Alors les conditions seront réunies pour qu’advienne, peut-être, un état de paix intérieure.

Asana

En Occident, les postures (asana) sont l’aspect le plus connu du yoga mais elles ne sont pas une fin en soi.

Nous mettons notre corps dans différentes positions : debout, couché, inversé, assis. Nous alignons, nous étirons, nous déroulons ou nous enroulons la colonne, nous pouvons intervenir sur l’alignement vertébral en introduisant une flexion latérale ou une torsion. Les effets obtenus stimulent, apaisent et dans tous les cas régulent notre énergie.

Les séries de postures fortifient le corps, augmentent la souplesse et l’endurance et régulent le tonus. Elles améliorent les fonctions métaboliques (la fonction digestive en particulier), elles permettent de corriger les douleurs physiques (mal au dos) et elles produisent un sentiment de détente.

On prépare le corps par des mouvements dynamiques, il se détend millimètre par millimètre, s’installe progressivement dans la position, jusqu’à la suspension durable et totale de tout mouvement. On est alors, seulement à ce moment-là, dans asana.
Dans asana, le seul mouvement est respiratoire.

Prânâyâma

La respiration (prânâyâma) permet, accentue et prolonge les effets de asana. Lorsque les enchaînements posturaux ont été bien pratiqués, on entre en relation intime avec le flot de l’air qui entre et qui sort. On peut alors utiliser les moyens classiques pour allonger, restreindre ou suspendre la respiration. On s’achemine à un moment donné, vers une suspension naturelle de la respiration qui correspond à une stabilisation des mouvements du mental. On est alors dans le prânâyâma, c’est-à-dire dans « la non dispersion du prâna, de l’énergie de vie ».

Dhyana

Lorsqu’ asana et prânâyâma ont rempli leurs fonctions, alors nous sommes prêts pour dhyana, la méditation. « Asana suspend les mouvements du corps. Prânâyâma suspend les mouvements de la respiration. Dhyana suspend les mouvements du mental. Les trois sont inséparables » Dans l’état de méditation nous nous mettons en état de vigilance, de réceptivité des choses, sans que le réel soit corrigé, opacifié, reformaté par notre égo ou par les « graines du passé ». Le monde n’a pas changé, c’est seulement le regard que l’on porte sur lui qui est transformé : nous sommes désormais capable de voir et d’admettre « ce qui est ».